Samedi 5 mai 2012 6 05 /05 /Mai /2012 11:40
"Ma ville"
Ouagadougou est donc mon cadre de vie depuis huit mois. Si je n'en connais pas encore tous les recoins, la ville a déjà bien commencé à me livrer ses secrets. A pied, à moto, en voiture j'ai parcouru de nombreux kilomètres et je suis devenu un client assidu des taxis. Je pense que je peux vous parler maintenant de cette ville si particulière.
Tourisme
On ne vient pas à Ouaga pour faire du tourisme en principe. Il y a des choses à voir et à visiter mais le tourisme est encore à l'état embryonnaire. C'est une ville assez peu séduisante au premier regard, plutôt sale et polluée. La saison sèche offre l'avantage d'une première partie au climat doux (15 à 30° C environ), de novembre à mars. C'est donc la meilleure période pour séjourner à Ouaga lorsqu'on vient de pays au climat tempéré. Mais le problème ici c'est la poussière. La circulation routière et le vent entraînent des tourbillons de latérite*. L'Harmattan* sec et frais souffle avec une constante de 18-20 km/h en ce moment mais il provoque parfois des sortes de mini-tornades et peut souffler plus fort, bien entendu. En fin de journée, l'air devient irrespirable et il y a un véritable brouillard, parfois très épais, de poussière et de fumée. 
Un peu d'histoire
Ouagadougou est la capitale mais c'est relativement récent. Bobo-Dioulasso l'a été jusqu'en 1947. Ouaga était une petite ville mais sa position bien au centre du Burkina et son développement rapide l'ont bien aidée. En 1974, il n'y  avait ici que 125 000 âmes. La ville a donc connu un développement considérable car nous en sommes à plus d'un million et demi (la moitié seulement en 1993 ! )  Le centre ville accueille les ministères, les administrations, les ambassades, le centre d'affaires. Le centre ville aurait du voir la construction de gratte-ciels et de grands immeubles mais la proximité de l'aéroport international* l'a empêché. La ville s'est donc étalée, en encerclant notamment la vaste zone réservée aux avions. C'est une des particularités de cette ville : les grandes distances qu'il faut parcourir à cause de la faible densité des constructions. Au sud, une nouvelle ville a commencé à se développer, nommée Ouaga 2000. Elle est censée accueillir les ministères et autres organismes officiels mais il semblerait que ça végète un peu.
Les deux-roues
Une autre particularité de Ouaga est le nombre incroyable de deux-roues qui circulent en ville. C'est sans doute une des villes qui en détient le plus. Beaucoup de petites cylindrées, très rarement des vraies grosses motos, mais ici tout ce qui a deux roues et un moteur est appelé moto. Les grandes avenues disposent parfois de files spécifiques. Hélas, la circulation est très anarchique et on ne respecte rien. Pas plus les files réservées que les stops et les feux tricolores, sauf quand les policiers surveillent. Les règles de circulation sont bizarres et on voit un peu de tout, circulation à contre sens, sans lumière la nuit, parfois sans freins (beaucoup de vélos n'en ont pas), sans parler des excès de vitesse. Les accidents sont très nombreux, impliquant le plus souvent des deux roues. Les autorités tentent d'imposer le port du casque. L'achat d'une moto comprend maintenant une assurance et un casque obligatoirement compris dans le prix. D'après ce que je peux constater, ce n'est pas gagné car c'est sans doute bien moins de 1% d'usagers qui portent le casque. Idem pour les voitures où on ne mets JAMAIS la ceinture (quand il y en a ! ).

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Un aperçu de la circulation à Ouaga. Une forte proportion de 2 roues. Les taxis sont reconnaissables à leur couleur verte.

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Image trouvée sur internet. Comment on tourne en dérision les tentatives officielles pour obliger le port du casque.

Les distractions
Je vous ai brossé jusqu'à présent un portrait assez peu séduisant de la ville, mais qui aime bien châtie bien, parait-il. Alors nous allons aborder un chapitre plus agréable. A Ouaga, on aime faire la fête et il y a tout ce qu'il faut pour ça. Mais avant, il faut se promener dans les rues de Ouaga. C'est un plaisir car les Burkinabè sont vraiment très accueillants et sympathiques en général. Si vous avez le contact facile, vous allez vous régaler. Les très nombreux commerçants de rue, des jeunes et des enfants qui vendent de tout, sont parfois un peu collants mais restez calme et tout se passera bien. Et puis faire nettoyer ses chaussures contre une petite pièce ridicule ou acheter des Lotus* sans se déranger pendant qu'on sirote sa bière, c'est quand-même bien agréable parfois. De même pour les achats d'unités pour le téléphone et bien d'autres choses, on est agacés d'être sollicités au début et puis on y prend goût et surtout on rend service en permettant à ces jeunes de survivre. Pour les touristes indécrottables, il y a des visites à ne pas manquer. Le parc urbain Bangr-Weogo*, la pépinière, le zoo municipal, le Musée National, le Musée de la Musique, le Salon International de l'Artisanat, etc... Et si vous n'êtes pas trop fatigués, la nuit vous attend avec les maquis ambiancés*, les restaurants et les dancings, dont certains avec des vrais musiciens, des bons moments en perspective. Sans vouloir être moralisateur, un bon conseil, respectez les gens et les contacts très faciles que vous aurez avec les jeunes femmes ne doivent pas vous incitez à en abuser. Le tourisme sexuel (mineurs) doit être banni aussi. Dernier conseil : nous sommes dans un pays très pauvre, étaler ses richesses est une véritable provocation. Il ne faut pas tenter le diable si on ne veut pas se faire voler ou agresser.
Services, commerces
Sinon, sachez que vous trouverez absolument tout ce dont vous pouvez avoir besoin à Ouaga. Ce n'est pas toujours simple mais on y arrive. La seule chose qui est absente ici, et ce n'est pas plus mal, ce sont les hypermarchés gigantesques tels qu'on les connaît en Europe. Pour certains produits dont je peux difficilement me passer, il m'arrive de faire appel aux magasins tenus par les Libanais. Il y a une chaîne qui se nomme Marina Market et un magasin près de la Médiathèque appelé Bingo Market. Acheter quelque chose ici est quand-même un sacré parcours du combattant, strictement rien à voir avec le commerce en Europe. L'offre de services est tellement vaste que je vous recommande un bon guide. Les agences de tourisme pour visiter les environs de Ouaga sont nombreuses mais il doit y en avoir autant de mauvaises que de bonnes, prudence. Locations de voitures avec ou sans chauffeur, hôtels, auberges, coiffure, cybercafés pour vous connecter internet, ambassades, j'en passe et des meilleures, tout est à portée de votre main. Si vous envisagez sérieusement une visite, je vous propose une première approche avec la version numérisée du guide Le Petit Futé de 2007 mais attention à la réactualisation nécessaire pour certaines adresses ou téléphones. Et si nous nous connaissons déjà, prévenez-moi, je m'occupe de TOUT...
Conclusion
Nous n'avons fait que survoler le sujet mais nous aurons l'occasion d'y revenir. J'ai essayé de vous donner une vision globale et nous reviendrons sur certains aspects typiquement ouagalais qui méritent vraiment le détour.

Lexique :
Latérite : Sol rouge vif ou rouge-brun, très riche en oxyde de fer et alumine, formé sous climat tropical. Ce sol se transforme en une cuirasse qui rend très difficile la culture sous l'effet de l'alternance saison sèche/saison humide.
Harmattan : L'harmattan est un vent (alizé) chaud, sec et poussiéreux d'Afrique de l'Ouest qui souffle vers le sud en provenance du Sahara entre la fin novembre et le milieu du mois de mars. Chargé de poussières et de sables (fines particules de 0,05 à 1 micromètre), il peut obscurcir l'atmosphère durant plusieurs jours et favorise les épidémies de méningite dans les pays sahéliens, notamment au Burkina Faso et au Mali, la fragilisation des muqueuses par les particules en suspension et/ou par leur déssèchement, facilitant le passage du méningocoque dans le sang. (extrait de Wikipédia)
Aéroport International de Ouagadougou-Taamsé : Seul aéroport de taille internationale au Burkina avec celui de Bobo-Dioulasso. Vient d'être rénové mais un nouvel aéroport va être construit, les travaux démarrent en 2012.
Lotus : Pour nommer des mouchoirs en papier, on cite une autre marque en France. A Ouaga c'est la marque Lotus, dont les produits sont fabriqués en Côte d'Ivoire, qui ont le monopole du marché et la marque est devenue le terme générique. Inutile de demander des mouchoirs en papier sans citer cette marque, on ne vous comprendrait pas.
Bangr-Weogo : Parc de 260 ha situé en ville. Très intéressant. 900 des 1400 espèces végétales du Burkina y sont présentes. Abrite des varans, des pythons et des crocodiles sacrés parmi plus de 60 espèces animales et 225 espèces d'oiseaux. 
Maquis ambiancés : Ambiancer est un néologisme, une expression typiquement burkinabè qui veut dire mettre de l'ambiance. Les maquis (bars) ambiancés sont ceux qui disposent d'une animation musicale avec un orchestre ou une sonorisation avec disc jockey.

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Que peut-on voir sur cette photo ? 1) La terre rouge qui fait une poussière plus fine que du talc. Beaucoup de gens portent des masques à Ouaga. 2) Ce type de motos légères est extrêmement répandu ici. 3) A trois sur la moto avec les sacs, mais on peut voir bien pire parfois.

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Le bazar du centre ville près de la grande mosquée. Trois bouteilles de gaz sur un vélomoteur. On a peur de rien ici, surtout quand on sait l'état des rues...

Par camyvon - Publié dans : Burkina & Ouaga
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Lundi 23 avril 2012 1 23 /04 /Avr /2012 18:42

Bonjour à toutes et à tous,

J'ai trouvé un cybercafé près de chez moi où la connexion marche plutôt bien. Bien entendu, ça ne remplace pas un branchement à la maison mais c'est déjà un mieux. J'ai publié l'article sur le bissap qui dormait dans les cartons depuis pas mal de temps et je vous en prépare d'autres.

Vous connaissez ma devise ?  "On va y arriver !" - amicalement

Par camyvon - Publié dans : Journal
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Lundi 16 avril 2012 1 16 /04 /Avr /2012 19:30
Fiche cuisine : Le bissap (appellation la plus courante, ou da bilenni)

Ma première recette de cuisine sera un boisson. J'ai découvert cette étonnant breuvage au début de mon séjour. Je vous donne la recette car vous pouvez vous procurer l'ingrédient de base en France et la réaliser facilement. Les magasins BIO ont souvent cet article au catalogue.
Lorsque j'ai goûté cette boisson la première fois, j'ai d'abord remarqué la belle couleur rouge. A la première gorgée, j'ai été surpris par l'arôme très particulier et extrêmement agréable. Bien frais, c'est un délice. La mixture de base est acide, il vous appartient de doser le sucre selon vos goûts. Il est courant aussi de modifier le goût par l'adjonction de jus de fruits, de morceaux de fruits (façon sangria) de gingembre ou même de menthe. Je vais vous donner une variante légèrement alcoolisée de mon invention pour l'apéritif. Tout est permis mais le parfum de base n'a pas vraiment besoin d'être profondément modifié, c'est excellent nature pour débuter.
On pourrait parler longuement de la plante qui est la base de cette boisson car c'est un don de Dieu pour ses nombreuses vertus culinaires et les bienfaits apportés à l'organisme, sans oublier de très nombreux autres usages médicinaux, cosmétiques, etc... pour lesquels on emploie les fleurs (calices), les fruits, les graines, les feuilles, les fibres. Si vous voulez en savoir plus, voyez la fiche sur Protabase, une référence, et cet excellent lien sur "L'oseille au Sénégal et au Mali". Cette plante est de la famille des Hibiscus, c'est l'Hibiscus sabdariffa, appelé couramment  "oseille de Guinée" car il contient de l'acide oxalique. Mais ce n'est pas une oseille (Rumex Acetosa, famille des Polygonacées), bien entendu, car c'est une Malvacée. En Afrique, on consomme toutes sortes de feuilles de plantes sauvages ou cultivées qu'on vend souvent sous le nom générique d'oseille ou épinard ; ici on ne s'embête pas avec les subtilités. L'oseille de Guinée aime pousser en zone tropicale. Elle a besoin de beaucoup de chaleur. On la retrouve aux Antilles sous le nom de "groseille pays" (à cause des fruits, peut-être), et dans diverses régions du monde favorables à sa culture. Les pays anglophones emploient plutôt le nom roselle, mais il y en a d'autres. Les appellations sont nombreuses aussi pour la boisson. C'est la boisson nationale du Mali, de la Côte d'Ivoire et du Burkina Faso. En bambara ou en dioula, c'est "da bilenni"*, la plante étant désignée par le nom "da" ou "dah". Au Sénégal, c'est le "bissap", en langue wolof. Il faut noter que ce terme est devenu universel. Tout le monde à Ouaga comprend le mot bissap, on ne peut pas en dire autant des autres appellations. En Egypte, au Soudan, et plus largement en Afrique du Nord, c'est le "karkadé", très consommé pendant le ramadan. Au Burkina Faso il est facile de se procurer un sachet de bissap dans la rue pour 25 FCFA.

Voici donc la recette :

Ingrédients pour le bissap :
2 grandes tasses de fleurs séchées d'oseille de Guinée (environ 1 litre)
3 litres d'eau
200 g de sucre, ou plus selon goût, mais n'en mettez pas de trop au départ, c'est plus facile d'en rajouter que d'en enlever !
  
Préparation du bissap :

Trier un peu et bien rincer les calices toujours poussiéreux, surtout  si achetés dans la rue, mais très rapidement, ne pas faire tremper. Faire chauffer l'eau. Quand elle est frémissante, y ajouter les calices et porter à ébullition deux ou trois minutes. C'est ma méthode et elle donne de bons résultats. Il y en a de nombreuses et je ne prétends pas détenir la bonne, à vous de choisir, faites des essais au besoin.  Certaines fabrications artisanales emploient la macération à froid ou au contraire par ébullition pendant plusieurs heures (je déconseille vivement), comme vous le voyez l'éventail est large ! Couvrir et laisser refroidir. Sucrer avant complet refroisissement. On peut, à ce stade, ajouter quelques gouttes d'arôme fraise ou de la vanille liquide.
Filtrer en deux fois. Grossièrement avec une passoire d'abord puis finement à l'étamine. Mettre en bouteilles au frais. Servir bien froid et déguster.

Le bissap est riche en vitamine C, en anthocyanes (pigments rouges), calcium, nyacine, fer... Il est diurétique, antispasmodique et hypotenseur.

* Mon expérience : Le terme "bissap", bien que sénégalais, supplante toutes les autres appellations à Ouaga d'après ce que je peux constater. Tous les Burkinabè que je connais l'appellent ainsi, les vendeuses au marché également.

 

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Par camyvon - Publié dans : Cuisine & boissons
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Mardi 27 mars 2012 2 27 /03 /Mars /2012 20:02

IMPOSSIBLE de gérer ce blog avec mes possibilités de connexion Internet actuelles...
Peut-être une solution bientôt...
Amitiés,
Yvon

Par camyvon - Publié dans : Journal
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